par Marlene Bouillon, Dt.P., Ph.D.,
Nutritionniste-Diététiste et docteure en physiologie/endocrinologie, Directrice scientifique
Le thé vert jouit d’une réputation parfois exagérée. On lui prête parfois des effets qui dépassent largement ce qu’il peut faire seul.
Il y a bel et bien des effets réels, mais souvent discrets, et cela dépend beaucoup de la façon dont le thé est préparé. Une infusion d’une minute et une infusion de cinq minutes ne donnent pas le même résultat. Même feuille. Même eau. Mais une composition complètement différente.

Le thé vert est riche en polyphénols, principalement des catéchines. Les plus étudiées sont EGCG, EGC, ECG et EC. Ce sont elles qui sont associées à :
Mais l’absorption est limitée. Une partie est transformée avant même d’entrer dans la circulation.
Les données récentes ne se limitent plus au cholestérol. Une revue récente montre que les polyphénols du thé vert ont aussi des effets sur :
Ce n’est pas spectaculaire à court terme. Mais sur plusieurs semaines, les effets deviennent mesurables, surtout chez les personnes ayant un profil métabolique plus fragile.
Outre les catéchines, le thé contient de la L-Théanine pouvant influencer la gestion du stress et la cognition.
La recherche explore aussi le rôle protecteur des polyphénols dans certains cancers féminins.
Une partie des catéchines n’est pas absorbée immédiatement. Elle arrive dans l’intestin. Là, le microbiote entre en jeu. Certaines bactéries transforment ces composés en métabolites actifs. Selon une revue de littérature, ces métabolites peuvent influencer l’inflammation, la sensibilité à l’insuline et le métabolisme global. Ce mécanisme explique en partie pourquoi deux personnes ne réagissent pas de la même façon considérant la variété interindividuelle du microbiote.

Tel que mentionné en introduction, une tasse infusée une minute et une autre infusée cinq minutes ne sont pas équivalentes.
Elle est extraite en grande partie dans les deux premières minutes. Après trois minutes, il y a peu de changement. Une infusion courte donne donc surtout de la caféine.
Elles s’extraient plus lentement. Entre trois et cinq minutes, leur concentration devient réellement intéressante.
Après quatre à cinq minutes, les tanins augmentent. C’est à eux que l’on doit le goût plus amer.
L'extraction des composés bénéfiques du thé est plus efficace lorsque les feuilles sont petites ou finement broyées. Alors qu'en théorie une infusion d’environ 3 à 5 minutes dans de l'eau autour de 95 °C optimise généralement l’extraction, le thé vert lui est généralement infusé à plus basse température (environ 75 à 85 °C). Par conséquent, il faut un temps d’infusion un peu plus long.
En Asie et en Afrique, l'infusion multiple des mêmes feuilles de thé plusieurs fois au cours de la journée est fréquente. On recherche soit une infusion plus douce, soit à éviter le gaspillage. Dans ce dernier cas, on procède à compensation de la diminution de l'intensité des arômes extraits des feuilles déjà utilisées en allongeant la durée de l'infusion (entre 30 secondes et 2 minutes chaque fois).
On revient souvent sur la quantité de catéchines dans le thé. Cependant, une étude rappelle un facteur important : la stabilité et l’absorption des polyphénols sont influencées par plusieurs facteurs, dont :
Autrement dit, boire du thé ne garantit pas une absorption proportionnelle. On se doit donc de miser sur la régularité.
Les polyphénols du thé réduisent l’absorption du fer non héminique. On observe une diminution d’environ 60 % lorsqu’il est consommé avec un repas… et cet effet ne dépend pas du temps d’infusion.
Par conséquent, éviter de boire du thé pendant les repas si l’apport en fer est une préoccupation. Le consommer plutôt entre les repas.

Avec ces nouvelles données, le rôle du thé vert devient plus clair. C’est un élément qui agit à plusieurs niveaux : métabolique, inflammatoire et intestinal. Mais son effet dépend du contexte.
Chez une personne avec une alimentation désorganisée, un faible apport en fibres et peu d’activité physique, l’impact sera limité. À l’inverse, dans une structure déjà en place, il devient un élément intéressant.
Ce n’est donc jamais le point de départ. Quand une personne consulte pour un cholestérol élevé ou une glycémie instable, je regarde d’abord la structure globale. Ensuite seulement, j’ajuste les détails.
Je déplace le thé entre les repas si le statut en fer est fragile. C’est un ajustement simple, mais très efficace.
Chez une personne avec un profil cardiométabolique à risque, le thé devient un atout complémentaire. Chez quelqu’un sensible à la caféine, j’ajuste la fréquence et le moment.
La constance, la cohérence et non la perfection.
Le thé vert est un potentiel modulateur métabolique à petite dose, avec des effets qui passent par les catéchines, le microbiote, la régulation du glucose et l’inflammation. Ce que vous faites autour compte plus que le thé lui-même.
Dans les faits, une à trois tasses par jour suffisent. Ce qui compte, c’est de pouvoir le maintenir.
Le thé vert reste un sujet d'étude actif et complexe.
Si le cholestérol, la glycémie ou l’alimentation globale posent un problème.
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Le thé vert aide-t-il vraiment pour le cholestérol ?
Oui, mais l’effet reste modeste.
Combien de temps infuser ?
Trois à cinq minutes pour l'équilibre bienfaits et goût, mais plus long si température plus basse.
Peut-on boire du thé avec les repas ?
Non si l’apport en fer est une priorité.
Le thé vert agit-il sur la glycémie ?
Oui, légèrement, surtout dans un contexte global adapté.
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