par Elisabeth Cerqueira, Dt.P.,
Nutritionniste-Diététiste, Présidente et cofondatrice
Le pickleball explose.
Il suffit de regarder les terrains extérieurs au Québec pour comprendre que ce sport n’est plus une simple tendance passagère. Les ligues se remplissent rapidement. Les clubs débordent. Et surtout, le profil des joueurs change.
On y retrouve maintenant des adolescents compétitifs, des adultes très actifs, des retraités qui veulent préserver leur mobilité, ainsi qu’un nombre croissant de personnes qui utilisent le pickleball comme levier pour améliorer leur santé.
Et honnêtement, je trouve ça excellent.
Parce qu’il combine plusieurs éléments qu’on cherche souvent à développer en vieillissant :
Mais il y a un aspect qu’on sous-estime encore énormément.
La nutrition.
Plusieurs joueurs pensent qu’un sport aussi accessible ne demande pas réellement de stratégie alimentaire.
Je ne suis pas d’accord.
Le pickleball est beaucoup plus exigeant qu’il en a l’air. Et lorsqu’on regarde la récupération, l’énergie, la prévention des blessures et la capacité à maintenir un bon niveau de jeu plusieurs fois par semaine, l’alimentation devient rapidement un facteur majeur.
Le pickleball semble parfois moins intense que le tennis. Pourtant, lorsqu’on observe les échanges de près, on voit rapidement autre chose.
Les déplacements sont fréquents. Les accélérations sont courtes, mais répétées. Les changements de direction sollicitent énormément les jambes. Les réflexes sont constamment mobilisés.
Ce type d’effort demande au corps de produire rapidement de l’énergie, puis de récupérer efficacement entre les échanges.
Autrement dit, le joueur alterne constamment entre :
Le corps dépend alors fortement de ses réserves énergétiques.

Lors d’efforts explosifs répétés, les muscles utilisent principalement le glycogène musculaire, soit la forme de réserve des glucides, en guise de carburant.
Lorsque ces réserves diminuent trop rapidement, plusieurs choses apparaissent :
Plusieurs joueurs attribuent alors leurs performances variables à l’âge ou au manque de forme physique.
Parfois, le problème est beaucoup plus simple.
Ils ne mangent pas assez.
Je le vois souvent en consultation.
Des joueurs actifs croient bien faire en mangeant très léger avant de jouer.
Un café. Une salade. Parfois rien du tout.
Le raisonnement semble logique :
« Je ne veux pas être lourd pendant le match. »
Le problème, c’est que le corps ne performe pas bien sans carburant.
Après 45 minutes ou une heure, plusieurs ressentent :
Chez certains adultes plus âgés, une alimentation insuffisante avant l’effort peut aussi augmenter le risque d’étourdissement ou d’hypoglycémie.
Les glucides ont mauvaise réputation depuis plusieurs années.
On les accuse de presque tout : prise de poids, fatigue, inflammation, difficulté à perdre du gras.
En nutrition sportive, la réalité est beaucoup plus nuancée.
Le physiologiste du sport Asker Jeukendrup, physiologiste du sport et chercheur en nutrition sportive, a largement démontré que dans les sports intermittents, l’accès au glucose aide à maintenir l’intensité, la concentration et la qualité de performance.
Le problème n’est généralement pas le glucide en lui-même.
Le problème, c’est souvent :
L’objectif n’est pas de manger énormément.
L’objectif est surtout d’arriver avec suffisamment d’énergie disponible.
Selon le moment de la journée et la durée de la séance, plusieurs options peuvent très bien fonctionner :
Une collation trop faible en glucides peut rapidement devenir insuffisante lors d’efforts répétés.
Pour une courte séance récréative, l’eau suffit souvent.
Mais lors de longues sessions, de tournois ou de périodes de chaleur importante, les besoins changent.
Dans certains contextes, les électrolytes et des glucides rapides peuvent devenir pertinents.
Plusieurs joueurs négligent complètement la récupération nutritionnelle.
Erreur fréquente.
Après l’effort, le corps tente de :
Une combinaison glucides + protéines devient alors particulièrement intéressante.
Par exemple, selon le délai du prochain repas :

Le pickleball attire énormément d’adultes de plus de 40 ans.
Et c’est une excellente nouvelle.
Parce que préserver la masse musculaire devient un enjeu majeur avec l’âge.
À partir de la quarantaine, plusieurs phénomènes apparaissent graduellement :
L’activité physique aide énormément.
Mais sans apport protéique adéquat, la récupération demeure souvent sous-optimale.
Après une séance exigeante, viser environ 20 à 40 g de protéines peut être pertinent selon le poids, l’âge et l’intensité de l’effort.
Pas besoin de suppléments compliqués pour la majorité des gens.
Des aliments simples suffisent souvent largement :
L’objectif reste surtout de soutenir :
Beaucoup de joueurs boivent trop peu.
Surtout lorsqu’il fait chaud.
Une légère déshydratation peut pourtant déjà affecter :
Dans un sport rapide basé sur les réactions, ce détail devient majeur.
Avec l’âge, la sensation de soif diminue souvent.
Certaines personnes arrivent donc à la fin d’une longue séance déjà légèrement déshydratées sans même s’en rendre compte.
Ajouter :
et les risques augmentent rapidement.
Une hydratation adéquate reste probablement l’une des stratégies les plus simples pour soutenir la performance et réduire la fatigue.
Plusieurs adultes commencent le pickleball pour bouger davantage.
Et honnêtement, c’est une excellente porte d’entrée vers l’activité physique.
Le sport peut aider à :
Mais il faut dire quelque chose clairement.
L’exercice seul ne compense pas complètement :
Une alimentation structurée influence souvent énormément :
Bouger aide.
Bien manger aide encore davantage à long terme.
Quand on parle nutrition sportive, plusieurs pensent uniquement aux protéines.
Pourtant, la qualité globale de l’alimentation influence énormément la récupération et la santé métabolique.
Les fibres aident, au quotidien, notamment à :
Les lipides de qualité jouent aussi plusieurs rôles importants :
Concrètement, une assiette équilibrée pourrait inclure :
Rien de très spectaculaire.
Mais ce sont souvent ces bases simples qui changent réellement la récupération et l’énergie.
Plusieurs joueurs cherchent la meilleure collation pré-match.
Mais dorment cinq heures par nuit.
Le sommeil influence directement :
Une mauvaise nuit augmente souvent la fatigue, les fringales et la difficulté à maintenir l’intensité pendant le jeu.
La nutrition aide.
Mais elle ne peut pas tout compenser.
C’est probablement le point le plus important.
Tous les joueurs de pickleball n’ont pas les mêmes besoins.
Les objectifs changent.
Les besoins aussi.
Certaines personnes ont besoin de mieux répartir leurs protéines.
D’autres doivent apprendre à manger davantage avant l’effort.
Certaines doivent surtout travailler leur récupération.
D’autres leur hydratation.
C’est précisément là que l’accompagnement nutritionnel devient intéressant.
Le rôle d’une nutritionniste n’est pas d’imposer des règles rigides ou d’appliquer un modèle universel.
C’est plutôt d’aider à :
Adepte de ce sport, je suis convaincue que le pickleball mérite d’être pris beaucoup plus au sérieux sur le plan nutritionnel.
Ce n’est plus uniquement une activité sociale légère.
Pour plusieurs personnes, c’est maintenant une pratique régulière qui influence directement :
Mal s’alimenter dans ce contexte limite inutilement plusieurs bénéfices.
Et parfois, ça augmente aussi le risque de blessure, de fatigue chronique ou de récupération difficile.
Bien manger ne sert donc pas uniquement à mieux performer.
Ça permet surtout de continuer à bouger longtemps.
Et honnêtement, avec le vieillissement de la population québécoise, je pense que cette nuance devient extrêmement importante.
Une consultation peut être particulièrement utile si vous :
D'ailleurs, pour les individus qui pratiquent ce sport à un niveau plus élevé, cette référence est un mine d'or d'informations relative à la nutrition.
Morales L. Development of an Evidence-Based Nutrition Protocol for Professional Pickleball.
Chez NutriSimple, l’approche nutritionnelle vise avant tout des changements réalistes et durables afin de soutenir votre énergie, votre récupération et votre santé à long terme.

Vous pouvez prendre rendez-vous avec une diététiste-nutritionniste ici
Une combinaison de glucides et de protéines légères peut aider à maintenir l’énergie pendant le jeu. Par exemple : yogourt grec et fruits, gruau, smoothie ou pain de grains entiers avec beurre d’arachide.
Oui. Les glucides soutiennent les réserves énergétiques musculaires et aident à maintenir l’intensité, les réflexes et la concentration.
Pour les adultes actifs, viser environ 20 à 40 g de protéines après l’effort peut aider la récupération musculaire.
Même une légère déshydratation peut affecter la concentration, la coordination et l’endurance, particulièrement dans les sports rapides.
Oui. Comme plusieurs activités physiques régulières, le pickleball peut contribuer à améliorer certains marqueurs métaboliques lorsqu’il est combiné à une alimentation équilibrée.
Vous jouez régulièrement au pickleball et vous sentez que votre énergie ou votre récupération pourraient être meilleures?
Une consultation en nutrition peut vous aider à structurer votre alimentation selon votre réalité, votre âge et votre niveau d’activité.

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