par Marlene Bouillon, Dt.P., Ph.D.,
Nutritionniste-Diététiste et docteure en physiologie/endocrinologie, Directrice scientifique
Lorsque les symptômes apparaissent, plusieurs femmes cherchent l'aliment miracle ou le supplément capable de tout régler.
Je comprends cette réaction.
Lorsqu'on dort mal, qu'on prend du gras abdominal malgré des efforts constants et qu'on a l'impression de fonctionner au ralenti, il est normal de vouloir une solution rapide.
La réalité est toutefois plus nuancée.
Aucun aliment ne peut à lui seul empêcher la ménopause ou éliminer tous les symptômes associés à cette transition.
En revanche, certains modèles alimentaires peuvent soutenir la santé métabolique, cardiovasculaire, musculaire et osseuse tout en favorisant une meilleure qualité de vie. Parmi eux, l'alimentation méditerranéenne demeure l'une des approches les mieux documentées.
Il existe une raison simple : elle agit simultanément sur plusieurs des mécanismes impliqués durant la périménopause.
Ce modèle alimentaire met l'accent sur :
Les études montrent qu'une meilleure adhésion à ce modèle alimentaire est associée à :
Dans le projet FLAMENCO, une plus grande adhésion au modèle méditerranéen était associée à une masse grasse plus faible chez les femmes périménopausées.
Ce modèle favorise naturellement les aliments rassasiants, riches en nutriments et moins transformés.

Notre intestin héberge des milliards de bactéries qui participent à de nombreuses fonctions essentielles.
Elles influencent notamment :
Les recherches suggèrent que la composition du microbiote peut être modifiée durant la transition vers la ménopause.
Certaines études observent une diminution de la diversité bactérienne ainsi que des changements pouvant favoriser l'inflammation ou la résistance à l'insuline.
Nous avons encore beaucoup à apprendre dans ce domaine. Une chose demeure toutefois claire : les bactéries intestinales apprécient particulièrement les fibres.
Les fibres alimentaires jouent plusieurs rôles importants durant la périménopause et la ménopause.
Elles contribuent notamment à :
Dans ma pratique, peu de femmes atteignent réellement leurs besoins quotidiens.
Augmenter progressivement la consommation de :
peut produire des bénéfices considérables. Une cible de plus de 35 g par jour, pour donner un ordre de grandeur.
Certaines données suggèrent même qu'un apport élevé en fibres pourrait contribuer à limiter certains effets associés au surpoids et à la dysbiose intestinale.

C'est probablement l'un des sujets qui surprend le plus les femmes.
Beaucoup me disent :
« Avant, deux verres de vin ne me faisaient presque rien. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'en avoir bu quatre. »
Elles ont souvent raison.
Avec l'âge et la transition ménopausique, plusieurs mécanismes influencent la tolérance à l'alcool.
Les femmes possèdent naturellement moins d'eau corporelle et davantage de masse grasse que les hommes. À quantité égale consommée, la concentration d'alcool dans le sang tend donc à être plus élevée.
À cela s'ajoute une diminution progressive de l'efficacité des mécanismes de dégradation de l'alcool.
Résultat : les effets sont parfois plus rapides et plus marqués qu'auparavant.
Plusieurs femmes remarquent que l'alcool semble exacerber certains symptômes de la ménopause.
Parmi les plus fréquemment rapportés :
Le vin semble particulièrement problématique chez certaines personnes.
Plusieurs hypothèses sont avancées.
Une sensibilité accrue aux histamines, aux sulfites ou à certains composés comme la tyramine pourrait contribuer à ces réactions.
La réponse varie toutefois beaucoup d'une femme à l'autre.

L'alcool donne parfois l'impression d'aider à dormir. En réalité, il perturbe souvent la qualité du sommeil.
Même lorsqu'il facilite l'endormissement, il tend à fragmenter les cycles de sommeil plus tard durant la nuit.
Il peut également :
Lorsque les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes sont déjà présentes, cette perturbation supplémentaire peut devenir significative.
Les changements observés durant la périménopause et la ménopause sont parfois difficiles à vivre.
Ils surviennent souvent à un moment où les responsabilités professionnelles, familiales et personnelles sont nombreuses.
Certaines femmes se reprochent de manquer d'énergie. D'autres se sentent frustrées par les changements corporels ou les performances physiques différentes.
Je crois qu'il est important de rappeler une chose.
Votre corps n'est pas en train de vous trahir. Il s'adapte à une nouvelle réalité biologique.
Comprendre ce qui se passe ne règle pas tout, mais permet souvent de remplacer la culpabilité par des actions plus adaptées.
Comme nutritionniste, je crois profondément que l'information est un outil de santé.
Plus une femme comprend ce qui se passe dans son corps, plus elle est en mesure de faire des choix éclairés pour préserver sa qualité de vie.
Comme femme post-ménopausée, je sais aussi que derrière les données scientifiques se cachent des expériences bien réelles.
La périménopause et la ménopause ne sont pas des maladies à subir. Elles représentent une transition importante qui mérite d'être comprise, accompagnée et respectée.
L'objectif n'est pas de retrouver son corps de 30 ans.
L'objectif est de donner à son corps les meilleures conditions possibles pour demeurer fort, actif et en santé aujourd'hui, demain et dans les décennies à venir.

Chaque femme vit la périménopause et la ménopause différemment.
Une approche personnalisée permet souvent d'identifier les stratégies les plus adaptées à votre réalité, à vos symptômes et à vos objectifs de santé.
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