par Marlene Bouillon, Dt.P., Ph.D.,
Nutritionniste-Diététiste et docteure en physiologie/endocrinologie, Directrice scientifique
Comme nutritionniste clinicienne, j’accompagne des femmes qui souhaitent optimiser leur fertilité, parfois en prévision d’un projet de grossesse, parfois après plusieurs mois d’essais teintés de désespoir et de questionnements. Or, il y a un élément qui revient constamment lors des rencontres : le désir de comprendre ce qui est réellement sous leur contrôle.
En fait, quand un projet de grossesse prend forme, plusieurs femmes se demandent : Est-ce que mon alimentation peut influencer ma fertilité?
La réponse courte est oui, mais elle mérite que l’on y apporte des nuances.
La nutrition influence trois éléments centraux de la fertilité féminine : le terrain biologique, l’environnement hormonal et la qualité ovocytaire.
La fertilité : un équilibre fragile
L’ovulation dépend d’interactions entre le cerveau, les ovaires, la thyroïde, l’insuline et l’environnement inflammatoire du corps.
Plusieurs facteurs peuvent perturber cet équilibre :
La fertilité est souvent un marqueur de santé globale.
Le rôle clé du stress oxydatif
Nos cellules produisent naturellement des radicaux libres. En excès, ces derniers créent cependant un stress oxydatif qui peut :
Certaines conditions, comme le SOPK et l’endométriose, sont associées à un état inflammatoire chronique et à un stress oxydatif plus élevé. D’où l’importance d’une alimentation riche en antioxydants.
Glycémie, insuline et ovulation
Un apport élevé en sucres raffinés et en glucides à indice glycémique élevé peut :
Il faut donc privilégier :
On a tout intérêt à limiter :
Cependant, le « très faible en glucides » ne semble pas présenter une supériorité pour favoriser les grossesses.
Lipides avec modération
Il faut privilégier :
On a tout intérêt à limiter :
Enfin, le gras des « produits laitiers glucides » continue à semer la controverse, bien qu’une tendance avec ceux riches en gras semble se dégager.
Existe-t-il une « diète » pour améliorer la fertilité?
Non. Il n’y a pas non plus de régime miracle basé sur une répartition précise des macronutriments.
Cependant, un modèle alimentaire de type méditerranéen — riche en fruits, légumes, grains entiers, poissons, noix et huile d’olive — est associé à :
Dans les faits, la synergie des nutriments semble plus importante que les proportions.
Fait à noter, le fait de substituer 5 % des protéines animales par des végétales réduit de plus de 50 % le risque d’infertilité anovulatoire.
Dans le cas de la Pro-fertility diet que l’on voit parfois circuler sur internet (grains entiers, soya, fruits et légumes à faible résidu de pesticides, fruits de mer, supplémentaon en acide folique, B12 et vitamine D), elle aurait le potentiel de contribuer à de meilleurs marqueurs de réserve ovarienne (p. ex. hormone anti-müllérienne ou AMH).
Nutriments essentiels pour la fertilité féminine
Certains nutriments méritent que l’on y prête une attention particulière :
Le recours à une supplémentation doit toutefois être individualisé.
Alimentation et risque de fausse couche
Les données suggèrent qu’une alimentation riche en :
serait associée à un risque réduit de fausse couche.
À l’inverse, une alimentation riche en produits transformés ainsi que l’excès de caféine et d’alcool seraient associés à un risque plus élevé.
Il demeure important de rappeler que la majorité des fausses couches précoces sont plutôt dues à des anomalies chromosomiques, surtout avec l’âge.
L’âge : un facteur non modifiable
Message important : on peut optimiser l’environnement de l’ovocyte. On ne peut pas rajeunir l’ovocyte.
La quantité et la qualité ovocytaire diminuent naturellement avec l’âge, et le risque d’anomalies chromosomiques augmente significativement après 35 ans.
Un mode de vie sain soutient, sans pouvoir toutefois annuler, l’effet du temps.
Plusieurs constats …
Une grande pression de performance
Beaucoup arrivent avec l’impression qu’elles doivent « tout faire parfaitement ». Cette pression augmente le stress… ce qui n’aide pas le terrain hormonal.
Une sous-alimentation involontaire
Certaines femmes actives ou très occupées consomment moins d’énergie que les besoins réels. Le corps, percevant un déficit, peut ralentir ou perturber l’ovulation.
Une glycémie instable
Même sans diagnostic de SOPK, des variations glycémiques importantes peuvent influencer les cycles.
Des carences silencieuses
Ferritine basse, vitamine D insuffisante, apport suboptimal en iode ou en oméga-3 : elles passent parfois inaperçues, mais elles peuvent influencer le terrain reproductif.
Une approche trop restrictive
L’élimination excessive sans indication médicale peut créer plus de déséquilibres que de bénéfices.
La solution réside alors dans la mise en place d’une approche personnalisée, progressive et bienveillante — axée sur l’équilibre plutôt que la perfection — afin d’optimiser le terrain métabolique et hormonal.
Quand consulter?
Il peut être pertinent de consulter en nutrition lors :
Consulter ne signifie pas qu’il y a « un problème ». C’est une démarche proactive pour soutenir votre santé reproductive et globale. Et cela doit se faire, en passant, pour les deux partenaires de conception.
Ce qu'il faut retenir...
La nutrition a le potentiel :
Bien qu’elle ne soit pas garante d’une grossesse, elle peut cependant permettre au corps de fonctionner à son plein potentiel.
Prendre soin de sa fertilité, c’est d’abord prendre soin de sa santé globale. Et nous sommes là pour vous aider à y parvenir.
👉 Prenez rendez-vous en ligne avec une nutritionniste clinicienne :
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N.B. Ce contenu est inspiré du module 2 de la formation continue Nutrition & fertilité par la diététiste-nutritionniste clinicienne Céline Saloumi.
Publication : 17 février 2026
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