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LA DÉPRESSION : AUTOPSIE D’UNE CONDITION MULTIFACTORIELLE !

Marlène Bouillon, Ph.D. par Marlène Bouillon, Ph.D., Nutritionniste et docteure en physiologie/endocrinologie

LA DÉPRESSION : AUTOPSIE D’UNE CONDITION MULTIFACTORIELLE ! Imprimer cette page

La dépression, contrairement à la croyance populaire, n’est pas un manque de volonté ni un simple déséquilibre chimique dans les quelques millions de réactions chimiques impliquées dans la gestion de l’humeur. Découvrez ce qui cache derrière cette condition aux interactions complexes.

VULNÉRABILITÉ GÉNÉTIQUE

L’humeur fait intervenir une douzaine de gènes qui constitueraient possiblement une « signature » à l’échelle individuelle. Meilleure sera la compréhension de la contribution de chaque gène, plus il sera facile d’envisager des traitements efficaces, voire personnalisés. Autre axe de recherche : la vulnérabilité génétique ou pourquoi certains individus sont plus sensibles à la dépression. Par exemple, les individus ayant les deux copies du gène codant pour la 5-HTT en version courte (moins efficiente) seraient plus susceptibles à la dépression en réponse aux évènements stressants de la vie.

 

ÉVÈNEMENTS STRESSANTS DE LA VIE

La perte d’un être cher ou d’un emploi, la maladie, un divorce, des abus sont des exemples d’évènements stressants de la vie. La vulnérabilité génétique et le tempérament peuvent influencer comment un individu répondra à ces évènements. Toutefois, lorsque la génétique, la biologie et ces situations se rencontrent, il peut en résulter une dépression.

Effet du stress chronique

Une menace émotionnelle ou physique fera sécréter de la CRH (corticotropin-releasing hormone) par l’hypothalamus, ce qui enclenchera la cascade du fight-or-flight qui implique, en autres, le cortisol. Normalement, une boucle rétroactive vient calmer le jeu une fois la menace écartée. Toutefois, il peut arriver que cela ne fonctionne pas adéquatement et que le cortisol s’élève trop souvent ou demeure élevé, ce qui devient un terrain propice à la dépression. En effet, des études ont mis en évidence que les individus déprimés auraient des niveaux élevés de CRH. Les antidépresseurs réduisent le taux de CRH. Au fur et à mesure que les taux retournent à la normale, les symptômes dépressifs s’estompent.

Pertes et traumatismes tôt dans le développement

Des chercheurs ont avancé que ces évènements pourraient rendre les individus plus susceptibles à la dépression plus tard dans la vie. Des études ont même suggéré que des abus dans l’enfance pourraient affecter négativement le fonctionnement de la CRH, voire de l’axe hypothalamus-hypophyse-surrénale.

 

CONDITIONS MÉDICALES

On avance que les conditions médicales ou les médicaments seraient à l’origine de 10-15 % des cas de dépression. Parmi celles les mieux connues : l’hypothyroïdie, l’infarctus du myocarde, les conditions neurodégénératives (ex. Alzheimer, Parkinson...), l’AVC, la carence en vitamine B12, le lupus, la mononucléose, le sida, l’hépatite, les désordres des glandes surrénales ou parathyroïdes, le cancer et la dysfonction érectile. Est-ce que la dépression précède la maladie ou est-ce plutôt l’inverse ? Les deux avenues sont possibles. Toutefois, dans plusieurs cas, la dépression est un problème totalement indépendant, et le traitement doit alors être axé directement sur la dépression.

 

MÉDICAMENTS

Les symptômes de la dépression peuvent être un effet secondaire de certaines médications comme les stéroïdes et les antihypertenseurs. Une liste élaborée de médications autres a été suggérée, mais elle ne fait pas l’objet d’un consensus.

 

RÉGULATION CÉRÉBRALE PERTURBÉE
Structures

Selon les chercheurs, les connexions entre les cellules nerveuses, la croissance des nerfs et le fonctionnement des circuits nerveux auraient tous un impact majeur sur la dépression. On doit d’ailleurs à des technologies de pointe (PET, SPECT et fMRI) une meilleure compréhension de la dépression. Ainsi, une étude publiée dans The Journal of Neuroscience, et mettant à profit le fMRI (functional Magnetic Resonance Imaging), a mis en évidence un hippocampe (partie du système limbique qui a un rôle central dans la mémoire épisodique et des faits) de taille réduite chez les femmes atteintes de dépression. Hypothèse : l’exposition continue de l’hippocampe à l’hormone de stress qui supprime la production de neurones (cellules nerveuses) dans celui-ci.

On constate également que l’activité dans l’amygdale (structure sous forme d’amande située à proximité de l’hippocampe et essentielle à notre capacité de ressentir et percevoir certaines émotions) est plus élevée lorsqu’une personne est cliniquement déprimée, et ce, même après la résolution de l’épisode. Des problèmes dans le thalamus (centre des réflexes émotionnels qui permet de catégoriser en «plaisant» ou «déplaisant») pourraient être à l’origine de la maladie bipolaire.

La croissance des nerfs et la formation de nouvelles connexions seraient requises pour l’amélioration de l’humeur. Une étude publiée en 2003 dans Science est venue renforcer cette piste. En effet, le blocage de la neurogenèse (génération de nouveaux neurones) chez la souris s’est traduit par la disparition des effets bénéfiques des antidépresseurs.

Neurotransmetteurs et communication neurone (voir l’image)

Les neurotransmetteurs sont des relayeurs de messages chimiques de neurone en neurone. Lorsqu’un neurone est activé, il envoie de son corps cellulaire un signal électrique vers l’extrémité de son axone (1) où sont mis en réserve les neurotransmetteurs. Ceux-ci seront alors relâchés dans la synapse (espace entre les neurones) où ils s’accumulent (2). Le message chimique est communiqué au neurone suivant par l’intermédiaire de récepteurs (3) présents dans la membrane de ses dendrites. Le message livré par le premier neurone peut alors activer ou inhiber (mettre en mode silence) le second neurone (4). Il existe aussi un mécanisme de contrôle rétroactif (recapture) qui permet de signifier au neurone libérateur de neurotransmetteurs de cesser d’en libérer (5).

Or, en présence d’une dépression, les récepteurs membranaires peuvent devenir trop sensibles ou insensibles à un neurotransmetteur spécifique, la recapture peut se faire trop rapidement ou la quantité de neurotransmetteurs peut être insuffisante pour que le signal soit adéquat. Les antidépresseurs agissent en « augmentant localement la concentration » des messages dans l’espace entre les neurones (synapse). Selon les données de la littérature, ces neurotransmetteurs seraient possiblement impliqués dans la dépression : acétylcholine, sérotonine, norépinéphrine, dopamine, glutamate et GABA.

 

En résumé, considérant qu’environ 19 millions d’adultes sont affectés annuellement par la dépression, il importe d’acquérir une meilleure compréhension des mécanismes en jeu. De même, il faut prendre conscience que deux personnes ayant en apparence des symptômes similaires de dépression peuvent en réalité avoir une problématique de base très différente. L’évolution des recherches permettra peut-être éventuellement de personnaliser les traitements et ainsi faciliter le quotidien des personnes aux prises avec la dépression. En attendant de tout élucider, sachez que l’intervention d’une nutritionniste peut vous aider à atténuer certains symptômes incommodants de la dépression.

Note: Cette chronique ne remplace pas un avis médical. Si des symptômes de dépression sont présents, il convient de consulter rapidement son médecin.

Traduction libre de :What causes depression? Harvard health publications, Harvard medical school, juin 2009. (aussi source de l’image)

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